Le Venezuela n'est pas « subordonné » à Washington, dit sa présidente
La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez est devenue la présidente par intérim du Venezuela après la capture de Nicolás Maduro par les Etats-Unis le 3 janvier (archives).
Photo: KEYSTONE/EPA/VTV HANDOUTDes diplomates américains sont vendredi au Venezuela, signe d'une volonté de rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 2019, moins d'une semaine après la capture par des troupes américaines du président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas.
Le gouvernement vénézuélien 'a décidé d'entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays', selon le ministre des affaires étrangères Yvan Gil.
Des diplomates américains étaient vendredi à Caracas, selon lui, une présence confirmée par un responsable américain peu après que le président américain Donald Trump a déclaré avoir 'annulé' une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la 'coopération' de Caracas.
La libération de quelques opposants est par ailleurs 'un geste très important et intelligent' de Caracas, selon Trump. 'Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble', notamment pour la 'reconstruction' de l'industrie pétrolière, a-t-il déclaré.
Nouveau pétrolier saisi
De son côté, la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez affirme que son pays n'est ni 'subordonné ni soumis' à Washington, et évoque sa 'loyauté envers le président Nicolás Maduro'.
Et vendredi, le ministère vénézuélien des affaires étrangères a annoncé sur le réseau social Telegram avoir reçu l'ambassadeur de Russie, Sergey Mélik-Bagdasarov, et continuer 'à travailler sur le programme de coopération' avec Moscou.
A l'issue d'un entretien avec les présidents brésilien Lula, colombien Petro et le premier ministre espagnol Sanchez, elle a 'réaffirmé' que le Venezuela opposera la 'voie diplomatique' à 'l'agression criminelle, illégale et illégitime perpétrée' le 3 janvier avec les bombardements américains précédant la capture Maduro.
Le gouvernement américain continue cependant de mener d'une main ferme son blocus sur l'exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines. 'Ce pétrolier est actuellement en chemin, de retour vers le Venezuela et le pétrole sera vendu', a écrit Donald Trump.
'Impossible d'y investir'
Le chef d'Etat américain a réuni à la Maison-Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l'assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.
'Vous aurez une sécurité totale' pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser quelles formes prendraient cette garantie de sécurité alors qu'il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l'activité pétrolière. 'Vous traitez directement avec nous. Vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela', a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.
Parmi eux, le directeur du groupe américain ExxonMobil, Darren Woods, a tenu à préciser qu'il n'allait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements, estimant qu'il était 'impossible d'y investir' en l'état.
'Agir ensemble'
En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien convoité par Washington, Donald Trump dit aussi vouloir s'en prendre au trafic de drogue. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations accusées sans preuve de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener 'des frappes au sol' contre les cartels, menace-t-il.
Alors que le milliardaire républicain affirme que 'les cartels dirigent le Mexique', la présidente de ce pays, Claudia Sheinbaum, a dit vendredi que son gouvernement oeuvrait à 'renforcer la coordination' en matière de sécurité avec les Etats-Unis.
Pour sa part, le chef d'Etat colombien Gustavo Petro a lui invité vendredi sur le réseau social X Mme Rodriguez 'à agir ensemble' contre le trafic de drogue, arguant que ce sujet était devenu 'l'excuse parfaite' pour justifier une 'agression' contre les pays d'Amérique latine.
De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la frontière poreuse de plus de 2200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.
Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé vendredi une rencontre virtuelle avec le département de la défense des Etats-Unis afin que les principales guérillas du pays 'soient déclarées comme des objectifs communs'.
/ATS