La fraude électorale à Vernier (GE) rebondit au Grand Conseil
Après la fraude électorale à Vernier (GE), le Grand Conseil est saisi d'un projet de loi du Centre pour permettre au Conseil d'Etat de suspendre le vote par correspondance en cas de nouveau scrutin (illustration).
Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFIAprès la fraude électorale à Vernier (GE), le Grand Conseil est saisi d'un projet de loi du Centre pour permettre au Conseil d'Etat de suspendre le vote par correspondance en cas de nouveau scrutin. Il a préféré jeudi soir l'étudier en commission plutôt que de le voter sur le siège.
Alors qu'une procédure judiciaire est en cours contre les résultats du second scrutin portant sur l'élection du Conseil municipal verniolan, ce projet de loi apporte une réponse claire et temporaire dans des circonstances exceptionnelles et clairement définies, a défendu son auteure Alia Chaker Mangeat. 'Il ne faut pas fragiliser davantage la confiance des électeurs', a-t-elle plaidé.
Selon la députée, ce texte donne une possibilité - 'conforme au droit fédéral' - au gouvernement en cas de fraude électorale. 'Les événements graves de Vernier constituent un tournant préoccupant pour la démocratie genevoise. Le vote au local offre des garanties accrues concernant l'identification des électeurs et la limitation des pressions', a avancé Mme Chaker Mangeat.
Un avis partagé par l'UDC: 'Les résultats du 30 novembre sont frappés de recours. Que fera-t-on en cas de nouvelle annulation? Il faut régler la question aujourd'hui, c'est une solution urgente', a soutenu le député Stéphane Florey.
'Punir les auteurs'
Tous les partis ont condamné la situation à Vernier, où l'élection du délibératif au printemps a été annulée par la justice et où celle de l'automne fait l'objet d'une procédure en raison de nouveaux soupçons d'irrégularités. Une majorité des députés a toutefois voulu que ce projet de loi soit étudié par la commission des droits politiques.
Dans le cadre du débat, le PLR Jean-Pierre Pasquier a attaqué la formation Libertés et justice sociale (LJS), dont des membres ont créé une nouvelle liste après l'annulation du premier scrutin. Ces 'structures politiques opportunistes' sont 'au coeur du soupçon', a-t-il dénoncé.
Même son de cloche du socialiste Thomas Wenger, pour qui le problème ne vient effectivement pas du vote par correspondance. 'Nous ne sommes pas pour punir les électeurs en suspendant le vote par correspondance, avec le risque de voir le taux de participation baisser, mais pour punir les auteurs', a-t-il déclaré. 'La justice est en train de faire son travail', a rétorqué Francisco Taboada, de LJS.
/ATS