Économie

Un Salon de l'agriculture sans vaches ni syndicats contestataires

21.02.2026 10h45

Un Salon de l'agriculture sans vaches ni syndicats contestataires

Emmanuel Macron a appelé les syndicats agricoles à être "derrière la ferme française".

Photo: KEYSTONE/EPA/Aurelien Morissard / POOL

Emmanuel Macron a inauguré samedi matin le Salon de l'agriculture à Paris, un événement sans vaches et sans la Confédération paysanne ni la Coordination rurale. Les deux organisations contestataires boycottent ce traditionnel rendez-vous.

'Je verrai avec la ministre, en bilatéral, chacun des syndicats qui le souhaite', a déclaré le président français quelques minutes avant l'inauguration. 'C'est un moment où tout le monde doit être derrière la ferme française, pas un moment de division.'

Les intentions de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole marqué à droite voire à l'extrême droite et adepte des actions coup de poing, inquiètent et le chef de l'Etat était accompagné d'un important dispositif policier. Mais aucun 'bonnet jaune', emblème des membres de la CR, n'était visible autour de lui au moment de l'inauguration.

Samedi matin, son président Bertrand Venteau s'est dit ouvert à un rendez-vous commun avec 'tous les syndicats (...) Il y a la période de la guerre syndicale et la période où on doit construire', une déclaration plus apaisée que les appels à la mobilisation 'massive' de ses adhérents lancés vendredi.

'Pas une vitrine'

Troisième syndicat agricole, la Confédération paysanne a quant à elle décidé de 'boycotter l'ensemble des rendez-vous avec le président de la République'. 'On n'a pas envie de le sauver de cette situation de crise dont il est clairement responsable avec l'ensemble du gouvernement', a expliqué son porte-parole.

La CR et la Confédération paysanne auront chacun un stand mais refusent de faire du salon une 'vitrine' qui cacherait les difficultés rencontrées sur le terrain par les agriculteurs. Elles dénoncent la 'cogestion' entre la puissante alliance FNSEA-JA et le gouvernement sur les politiques agricoles.

La FNSEA, premier syndicat agricole français, et Jeunes Agriculteurs (JA), qui ont vu leur hégémonie chahutée par l'ascension de la CR aux dernières élections professionnelles, ont eux accepté le rendez-vous avec Emmanuel Macron même s'ils ont renoncé à obtenir de lui une 'vision' pour l'agriculture, à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle.

Dermatose bovine

Trois hivers de suite, les agriculteurs ont sorti les tracteurs des hangars pour aller manifester dans les villes ou bloquer des autoroutes. En 2024 pour demander du revenu, de la considération et un avenir; en 2025 pour demander la concrétisation des promesses, repoussées par l'instabilité gouvernementale.

En 2026, c'est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a fait déborder le vase, s'ajoutant aux inquiétudes sur l'accord de libre-échange UE-Mercosur, une balance commerciale agroalimentaire au bord du déficit et des aléas climatiques toujours plus intenses...

Aucun nouveau foyer ne s'est déclaré depuis le 2 janvier et des restrictions ont été levées dans le Sud-Ouest vendredi. Mais les éleveurs n'ont pas pour autant revisé leur décision de ne pas amener de bovins au salon et la CR et la Confédération paysanne continuent de contester la politique d'abattage total des troupeaux infectés.

Les tempêtes et les crues qui ont submergé de nombreuses cultures ces derniers jours ont assombri encore plus les esprits des agriculteurs, dont beaucoup n'ont pas la tête à la fête.

/ATS