La Suisse dit que l'Iran « dépasse » le droit à la légitime défense
L'Iran du nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei est accusé par la Suisse de dépasser le droit à la légitime défense au Moyen-Orient (archives).
Photo: KEYSTONE/EPA/YAHYA ARHABLa Suisse reproche à l'Iran de 'dépasser les limites du droit à la légitime défense' dans une partie de ses représailles au Moyen-Orient. Lundi à l'ONU à Genève, elle a à nouveau déploré la répression récente des manifestations dans ce pays.
La Suisse est très alarmée par la détérioration 'rapide' et 'dangereuse' de la situation sécuritaire après les frappes américaines et israéliennes, a affirmé une responsable de la mission suisse à l'ONU à Genève. Devant le Conseil des droits de l'homme, Berne a mis dos à dos ces deux pays et l'Iran dans leurs recours à la force qui menace la région.
La Suisse appelle à nouveau toutes les parties à la 'retenue'. En Iran, elle dénonce à nouveau la 'répression violente' des manifestations en janvier dernier qui ont fait au moins des milliers de victimes. Les restrictions aux libertés fondamentales et l'absence de procès équitables violent également les obligations internationales de l'Iran, selon elle.
De son côté, la présidente de la Mission internationale d'établissement des faits sur les violations en Iran, Sara Hossain, s'est dite 'très préoccupée' par les déclarations de hauts responsables américains. Ceux-ci ont laissé entendre que les règles d'engagement habituelles ne s'appliquaient pas au conflit actuel.
La mission, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU mais est mandatée par le Conseil des droits de l'homme, avait récemment relayé sa 'consternation' après les frappes qui avaient tué des dizaines de hauts responsables iraniens. Malgré les violations attribuées à ces personnes, des exécutions extrajudiciaires ne constituent pas 'des moyens acceptables', avait-elle insisté.
Elle s'était dit aussi 'choquée' par le bombardement de l'école de Minab qui a tué plus de 160 personnes. 'Nous continuons de surveiller la conformité' des offensives de toutes les parties avec le droit international humanitaire (DIH), a ajouté lundi Mme Hossain.
Dans un rapport la semaine dernière, la mission a aussi considéré que le bombardement de juin dernier par Israël contre la prison d'Evin pourrait équivaloir à un crime de guerre. Et les actes équivalant à des crimes contre l'humanité se sont poursuivis l'année dernière, selon elle.
/ATS