Suisse

Le National en voie de décourager les visites aux urgences

18.03.2026 11h26

Le National veut décourager les visites aux urgences

Le projet a pour but de soulager les urgences sous pression en créant un effet financier dissuasif (archives).

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Les patients se rendant aux urgences sans délégation médicale doivent être taxés. Le National a adopté mercredi, par 96 voix contre 91 et 3 abstentions, un projet parlementaire en ce sens, contre l'avis du Conseil fédéral. Le dossier part au Conseil des Etats.

L'initiative de l'ancien conseiller national Thomas Weibel (PVL/ZH) vise à soulager les urgences sous pression en créant un effet financier dissuasif. 'Les urgences ne doivent pas être un guichet universel mais rester un lieu pour les vraies urgences', a déclaré le rapporteur de commission Cyril Aellen (PLR/GE).

Les cantons doivent avoir la possibilité d'augmenter de 50 francs la quote-part de l'assuré si ce dernier se rend aux urgences sans y avoir été envoyé par un médecin, un centre de télémédecine ou un pharmacien. Des exceptions sont prévues, notamment pour les femmes enceintes et les enfants.

Comme le gouvernement, le centre-gauche a critiqué le projet. Valérie Piller Carrard (PS/FR) a jugé ce dernier 'inefficace, irréaliste et profondément inégalitaire'.

Plusieurs orateurs ont souligné un grand nombre de cas dignes des urgences, mais qui seraient soumis à la taxe, comme des fractures, des chutes de personnes âgées ou des AVC, si les personnes concernées sont amenées aux urgences par des proches ou un taxi au lieu d'une ambulance. Ce camp a échoué de justesse à convaincre sur la non-entrée en matière.

Surcharge administrative

Ensuite, le Centre aurait voulu que la mise en oeuvre se fasse à l'échelle nationale au lieu d'être déléguée aux cantons. De son côté, la gauche a échoué à faire exempter également les personnes résidant dans un EMS ou consultant pour une urgence psychiatrique.

Au vu du débat animé et émotionnel, la ministre de la santé Elisabeth Baume-Schneider a noté que le projet n'était pas simple. Elle a pour sa part rejeté une surcharge administrative et des coûts supplémentaires pour les fournisseurs de prestations et les assureurs. Et de rappeler que le projet concernerait à peine la moitié de la population adulte. Sans succès.

/ATS