Finale Arsenal-City, lutte filiale Arteta-Guardiola
Mikel Arteta (à gauche) et Pep Guardiola seront face à face dimanche en finale de la Coupe de la Ligue
Photo: KEYSTONE/AP/RUI VIEIRAManchester City et Arsenal lorgnent le premier trophée de la saison dimanche (17h30) en Coupe de la Ligue.
Cet affrontement est alléchant jusque sur le banc, entre le maître Pep Guardiola, 55 ans, et Mikel Arteta, 43 ans, son ex-disciple émancipé.
Le leader de Premier League, Arsenal, arrive à Wembley avec un vent favorable et un statut de quasi-favori face à un dauphin mancunien qui ressemble à une bête blessée, à l'aura déclinante et encore meurtrie par son élimination mardi en Ligue des champions.
Mais Guardiola, l'architecte de tous ses succès depuis 2016, sait mieux que quiconque à quel point une finale peut échapper à toute rationalité. Lui en a remporté un paquet, notamment quatre d'affilée en 'League Cup', entre 2018 et 2021.
La première, il l'avait gagnée avec un jeune adjoint nommé... Mikel Arteta, fraîchement retraité des terrains et devenu un maillon essentiel de son staff au moment de la finale, gagnée 3-0 face à Arsenal et Arsène Wenger.
Depuis, l'élève s'est éloigné du maître, en quittant le nord de l'Angleterre pour devenir manager à son tour, dans le nord de Londres, en décembre 2019.
'Inspiration', pas imitation
Désormais, ils se voient très peu et 'c'est inévitable', a déclaré Arteta vendredi. 'Mais mes sentiments n'ont pas bougé d'un iota', a-t-il assuré, 'ce que je ressens pour lui, le temps que nous avons passé ensemble, ce qu'il a fait pour moi et l'inspiration qu'il a été depuis que je suis petit, ça ne changera jamais'.
Pourtant, inspiration ne signifie pas imitation. L'entraîneur d'Arsenal a façonné son équipe avec ses idées, en recrutant les joueurs qui correspondaient à son projet, bref en imposant sa patte, quitte à prendre ses distances avec la philosophie 'guardiolesque' dans laquelle il a baigné, comme bon nombre de ses contemporains.
Le club au canon mise sur sa robustesse défensive, la qualité et la diversité de ses coups de pied arrêtés, et un recours roublard aux 'dark arts' (gain de temps ou autres techniques pour ralentir le jeu, par exemple) qui agace une grande partie de l'Angleterre.
'Pendant très longtemps, on a reproché à Arsenal d'être une équipe de gamins, incapable de tenir un résultat, qui se faisait malmener par les autres', l'a défendu Thierry Henry, légende du club, sur Sky Sports. 'Est-ce qu'ils peuvent gagner +moche+ ? C'est exactement ce que fait l'équipe, et elle le maîtrise parfaitement'.
Mourinho et Simeone
Pour l'ancien buteur des Gunners, Arteta a su changer son fusil d'épaule en faisant le constat que bien jouer ne suffisait pas pour gagner. Le Basque conserve Guardiola comme boussole, certes, mais il est allé chercher du côté de José Mourinho (époque Chelsea) et surtout de Diego Simeone, l'actuel entraîneur de l'Atlético, pour se frayer un chemin parmi les puissants de Premier League.
Comme Simeone face au duo Real-Barça, Arteta se trouvait devant 'deux équipes clairement supérieures: City, la meilleure au monde avec le ballon, et Liverpool, la meilleure au monde pour le récupérer. La question était alors la suivante: où Arsenal pouvait-il réellement se positionner, défier les principaux prétendants et, au final, gagner ?', a relevé Jamie Carragher, ex-international anglais de Liverpool.
'Arteta a estimé que tenter de battre Manchester City en se contentant de reproduire son magnifique jeu basé sur la possession était voué à l'échec. Il a trouvé une manière plus sombre et plus déterminée d'affronter son ancien maître', ajoute-t-il dans une chronique sur The Telegraph. 'Il n'a pas encore réussi à remporter les plus grands trophées, mais il s'en approche'.
Ses Gunners sont en effet encore en lice pour un quadruplé historique, en comptant également la Coupe d'Angleterre (quarts de finale contre Southampton) et la Ligue des champions (quarts contre le Sporting). Pour l'heure, il ne compte qu'un trophée majeur: la Coupe d'Angleterre, remportée en 2020 sept mois après son arrivée dans un Wembley vidé par la pandémie. En gagner un deuxième, contre Guardiola de surcroît, serait une victoire très symbolique.
/ATS