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Au moins 21 exécutions en Iran depuis fin février selon l'ONU

29.04.2026 10h58

Au moins 21 exécutions en Iran depuis fin février selon l'ONU

Le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk est "consterné" par les exécutions récentes en Iran (archives).

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début du conflit avec les Etats-Unis et Israël fin février, selon l'ONU. Mercredi à Genève, le haut commissaire aux droits de l'homme Volker Türk a dénoncé la répression des dissensions.

Au moins neuf personnes ont été exécutées en raison des manifestations de janvier dernier contre la précarité, devenues ensuite politiques. Dix autres ont été tuées pour leur participation présumée à des groupes d'opposition et deux pour espionnage.

'Je suis consterné', affirme l'Autrichien. 'Les droits des Iraniens continuent de leur être retirés par les autorités de manière dure', insiste-t-il, faisant remarquer que cette situation s'ajoute aux effets du conflit.

La sécurité nationale n'exonère pas de limiter les droits humains seulement en dernier recours et de manière proportionnée, selon lui. La protection contre les détentions arbitraires et le droit à un procès équitable doivent être garantis.

Le haut commissaire demande aux autorités de mettre un terme aux exécutions et souhaite à nouveau un moratoire et la libération des détenus arbitraires. De nombreuses personnes restent exposées à la menace d'une peine capitale en raison de l'approche très large de la sécurité nationale en Iran.

Avoirs de centaines d'Iraniens saisis

Des indications de torture et d'autres abus ont régulièrement été relayées. Et des verdicts devant les tribunaux, notamment ceux d'au moins neuf personnes exécutées, ont été rendus après des aveux contraints.

Depuis fin février, plus de 4000 personnes ont été arrêtées pour des raisons de sécurité nationale, selon les estimations. De nombreux détenus ont disparu, ont été torturés ou ont été confrontés à des simulations d'exécutions. Les minorités sont particulièrement menacées.

Les détenus font face à la surpopulation carcérale et à des 'pénuries graves de nourriture, d'eau, de matériel d'hygiène, de médicaments et manquent de soins', affirme encore le haut commissaire. Il est inquiet pour la Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi. Dans la prison de Chabahar, au moins cinq détenus ont été tués par les forces de sécurité après une protestation contre la suspension prolongée de distribution de nourriture.

Autre problème, les autorités ont récupéré les avoirs de plus de 670 citoyens iraniens, y compris 400 qui habitent dans d'autres pays. Ces personnes sont considérées comme des 'traîtres à la patrie' et sont accusées de soutenir les frappes contre l'Iran et de collaborer avec des 'groupes hostiles'. Un nouveau système, 'Sahm', permet d'identifier et de saisir des fonds de manière électronique.

/ATS