Novo Nordisk et Eli Lilly sanctionnés en France
Le pionnier danois des traitements contre l'obésité comme son concurrent indianien ont, selon le gendarme hexagonal des médicaments, confondus campagnes de sensibilisation et de publicité. (archive)
Photo: KEYSTONE/EPA SCANPIX DENMARK/JENS NOERGAARD LARSENL'agence nationale du médicament (ANSM)a annoncé lundi une sanction financière à l'encontre des laboratoires pharmaceutiques Novo Nordisk et Eli Lilly en France à la suite de la diffusion de campagnes de communication sur l'obésité.
L'autorité sanitaire a infligé une sanction globale de plus de 1,78 million d'euros (1,6 mllion de francs) à l'encontre de Novo Nordik France.
Dans, le détail, un million d'euros concerne la diffusion de publicités en faveur de son médicament Saxenda tandis que 783'838 euros portent sur Wegovy, deux spécialités indiquées dans la prise en charge de l'obésité.
L'ANSM a par ailleurs sanctionné Eli Lilly France à hauteur de 108'766 euros pour une campagne promouvant auprès du grand public sa spécialité anti-obésité Mounjaro.
L'ANSM considère que ces communications sont 'susceptibles de constituer une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire', alors que la réglementation interdit toute publicité auprès du grand public pour ces traitements.
Par sa décision, la vigie du médicament vise aussi 'à prévenir toute communication susceptible de valoriser le recours au traitement médicamenteux comme réponse principale à l'obésité, d'induire le public à solliciter ce traitement auprès d'un professionnel de santé ou à chercher à se le procurer'.
Ces campagnes 'largement relayées auprès du grand public (affichage, transports, presse, réseaux sociaux)' sont 'susceptibles d'induire en erreur les publics dans un contexte marqué par une forte médiatisation et un mésusage croissant des analogues du GLP-1 (aGLP-1), notamment à des fins de perte de poids à visée esthétique', souligne l'ANSM.
Dans une réaction à l'AFP, Novo Nordisk France 'conteste fermement' la position de l'ANSM et 'examine toute éventuelle voie de recours contre cette décision'.
De son côté, Eli Lilly France a dit prendre acte de la décision de l'ANSM, estimant que sa campagne de sensibilisation intitulée 'L'obésité, c'est un truc de malades' (avril 2025), était 'conforme au cadre applicable aux communications relatives à la santé humaine'.
/ATS