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Le Hondius est arrivé à Tenerife pour évacuer ses occupants

10.05.2026 09h19

Hantavirus: 94 personnes transférées dimanche aux Canaries

Un car rouge de l'Unité d'urgence de l'armée espagnole les emmène jusqu'à l'aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route.

Photo: KEYSTONE/AP/Manu Fernandez

Entamé avec les Espagnols et les Français, le débarquement des passagers et membres d'équipage du MV Hondius, où a été détecté un foyer d'hantavirus, s'est échelonné toute la journée de dimanche aux Canaries, les évacués rentrant progressivement en avion chez eux.

Les opérations d'évacuation d'une partie des passagers et membres d'équipage du MV Hondius sont terminées pour dimanche. Elles ont concerné en tout 94 personnes de 19 nationalités différentes, a annoncé la ministre espagnole de la Santé.

'Nous avons vécu une journée, vous le savez, très intense', a commenté la ministre sur le port de Granadille de Abona, sur l'île de Tenerife, aux Canaries. 'Les opérations se sont déroulées tout à fait normalement, avec une sécurité totale', a-t-elle assuré. Elles doivent se poursuivre lundi.

L'un des cinq Français rapatriés dimanche par avion après avoir été évacués du navire MV Hondius présente des symptômes, a annoncé le premier ministre sur X. 'Il a présenté des symptômes dans l'avion de rapatriement', qui a atterri peu avant 16h30 à l'aéroport du Bourget, au nord de Paris, a-t-il fait savoir sur ce réseau social.

'Ces cinq passagers ont tout de suite été placés en isolement strict jusqu'à nouvel ordre. Ils sont pris en charge médicalement et feront l'objet de tests et d'un bilan sanitaire', a ajouté le chef du gouvernement.

Mesures d'isolement

Le gouvernement va par ailleurs prendre 'dès ce soir' un décret pour mettre en place des mesures d'isolement adaptées à ces cas contacts.

Quelques minutes après leur atterrissage, les cinq Français rapatriés avaient quitté l'aéroport du Bourget dans un convoi de cinq fourgons du Samu pour arriver à l'hôpital Bichat, selon un photographe de l'AFP sur place.

Ils devaient être placés en quarantaine durant 72 heures, le temps d'une évaluation médicale complète.

Un membre d'équipage suisse a aussi été placé en quarantaine dimanche, a précisé dans un communiqué l'Office fédéral de la santé publique, qui n'avait pas connaissance d'autres Suisses à bord du navire.

La quarantaine devrait durer six semaines, a précisé l'OFSP à Keystone-ATS, suite à une information relayée par '20 Minutes'. Les autorités sont en contact régulier avec le membre d'équipage et ses proches en Suisse. Malgré la situation, la personne concernée se porte bien et ne présente aucun symptôme.

L'OFSP précise que les mesures de quarantaine relèvent en l'occurrence des autorités néerlandaises, le bateau appartenant à une société des Pays-Bas. 'Le membre suisse de l'équipage a quitté le navire pour être acheminé par avion aux Pays-Bas dans l'après-midi', a précisé l'OFSP en soirée. 'Il a été informé de la procédure et s'est montré compréhensif.'

Depuis le 4 mai, un homme infecté par le hantavirus est par ailleurs soigné à l'hôpital universitaire de Zurich. L'hôpital a indiqué samedi que son état était stable. Sa compagne se trouve en isolement à son domicile. Une autre personne est également en auto-isolement à Genève.

Les premières évacuations des quelque 150 passagers et membres d'équipage du MV Hondius ont débuté dimanche matin dans le sud de Tenerife, île de l'Océan Atlantique.

Les vols de rapatriement vont continuer à s'enchaîner dans les prochaines heures, en direction des Pays-Bas, du Canada, de la Turquie, du Royaume-Uni, d'Irlande et des Etats-Unis, le dernier vol étant prévu lundi en direction de l'Australie.

Souche rare

Tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des 'contacts à haut risque' et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'OMS recense six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare, pour lequel il n'y a ni vaccin, ni traitement.

Elle considère que la situation actuelle n'est pas comparable à celle du début de l'épidémie de Covid-19 en 2020, même si la crise a suscité une inquiétude mondiale.

L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.

/ATS