Dertour Suisse se remet du choc initial lié à la guerre en Iran
Les destinations du golfe Persique et celles qui dépendent de la plaque tournante de Dubaï ont particulièrement souffert. Parmi celles-ci figurent notamment les destinations de l'océan Indien, telles que les Maldives ou les Seychelles. "Celles-ci ont beaucoup perdu", selon elle.
Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINILa guerre en Iran n'a entraîné qu'un recul temporaire des réservations chez le voyagiste Dertour Suisse. En 2026, le leader du secteur compte franchir pour la première fois la barre du milliard de francs de chiffre d'affaires, grâce au rachat d'Hotelplan.
L'année 2026 a démarré avec une 'solide demande', déclare la directrice de Dertour Suisse, Stephanie Schulze zur Wiesch, dans une interview accordée à l'agence de presse AWP. Mais le déclenchement de la guerre en Iran fin février a tout changé: il y a eu une vague de changements de réservation et d'annulations qui n'a pas pu être compensée par les nouvelles réservations.
'Cet effet s'est fait sentir en mars et avril. Cumulées sur ces deux mois, les réservations ont affiché une baisse à un chiffre par rapport à l'année précédente', explique Mme Schulze zur Wiesch.
Les destinations du golfe Persique et celles qui dépendent de la plaque tournante de Dubaï ont particulièrement souffert. Parmi celles-ci figurent notamment les destinations de l'océan Indien, telles que les Maldives ou les Seychelles. 'Celles-ci ont beaucoup perdu', selon elle.
Envie de voyager intacte
'L'envie de voyager reste intacte', souligne toutefois Mme Schulze zur Wiesch. Ainsi, les réservations dépasseraient le niveau de l'année dernière, surtout pour l'automne.
'Les gagnantes sont les destinations occidentales comme les îles Canaries, le Portugal ou l'Italie. La demande y est plus forte que l'année dernière', explique-t-elle. La Tunisie et le Maroc sont également recherchés, tandis que des hausses à deux chiffres sont enregistrés pour la Scandinavie, l'Islande ou l'archipel du Spitzberg.
Par contre, Majorque, haut lieu touristique, affiche des chiffres légèrement inférieurs à ceux de l'année dernière. 'Cela tient aussi au niveau des prix', selon la directrice.
Du côté des perdants, on trouve les destinations du golfe Persique ainsi que les Maldives ou les Seychelles. 'Et en Méditerranée orientale, la Turquie et l'Égypte souffrent, bien qu'elles soient des destinations sûres', explique la directrice de Dertour Suisse. Dans cette région, les réservations ont enregistré une baisse à deux chiffres ces dernières semaines. Chypre et les grandes îles grecques que sont la Crète, Kos et Rhodes sont également moins prisées.
En ce qui concerne les voyages aux États-Unis, le coup de frein lié à la politique du président américain Donald Trump n'est pas encore terminé. En revanche, les réservations pour le Canada sont en hausse, même si cela ne suffit pas à compenser le recul des voyages aux États-Unis.
Pas de pénurie de kérosène cet été
La directrice de Dertour Suisse ne craint pas de pénurie de kérosène pendant les vacances d'été. 'Nos compagnies aériennes partenaires nous indiquent que la Suisse et l'Allemagne ne sont pas directement concernées. Nous n'envisageons pas de scénario catastrophe pour le moment', déclare Mme Schulze zur Wiesch.
Les nombreuses annulations de vols n'ont pas non plus affecté Dertour, précise Mme Schulze zur Wiesch. Le groupe Lufthansa, en tête de file, a cessé les activités de sa filiale Cityline, annulant ainsi 20'000 vols court-courriers jusqu'en octobre. D'autres compagnies aériennes, telles que KLM ou SAS, ont également retiré de leur programme les vols non rentables.
'Cela n'a pas eu d'incidence pour nous. Les liaisons supprimées ne font pas partie des destinations de vacances classiques', explique la directrice de Dertour Suisse.
Toutefois, les prix des vols ont fortement augmenté. Ces hausses sont répercutées sur les clients. Mais il n'y a pas eu de frais supplémentaires pour les vols déjà réservés. 'Cela serait théoriquement possible, mais les compagnies aériennes ne le font généralement pas pour les prestations déjà achetées', a-t-on indiqué chez Dertour Suisse.
Intégration d'Hotelplan en bonne voie
L'intégration du groupe Hotelplan, racheté l'été dernier, progresse. Le nombre d'agences de voyages a diminué de 4 depuis le début de l'année, pour s'établir à 133. Il y a eu quelques fusions, précise Mme Schulze zur Wiesch.
'Nous allons, comme par le passé, réexaminer régulièrement le réseau d'agences. Cela peut se traduire par l'ouverture de nouvelles agences, la fusion ou la fermeture d'agences existantes', a-t-elle expliqué.
Depuis le début de l'année, les effectifs ont diminué de 100 personnes pour s'établir à 1750 collaborateurs. Ce chiffre tient compte des fluctuations naturelles. Comme annoncé précédemment, environ 250 postes seront supprimés d'ici la fin de l'année prochaine. Quinze agences seront également fermées.
La directrice de Dertour Suisse n'a pas donné d'indications concrètes concernant le chiffre d'affaires réalisé en Suisse en 2025. Elle s'est contentée de préciser que, l'année dernière, l'entreprise a enregistré une croissance à deux chiffres, sans compter Hotelplan. Et pour l'année en cours, le groupe entend franchir la barre du milliard de francs de recettes, avec Hotelplan.
/ATS