Près de 600 cas et 171 décès suspects d'Ebola selon l'OMS
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus est très inquiet de la situation d'Ebola.
Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFIL'épidémie actuelle d'Ebola a 'probablement' démarré 'il y a plusieurs mois', selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La menace est considérée comme 'élevée' aux niveaux régional et national mais 'faible' au niveau mondial.
'Des investigations sont en cours' sur le début du virus, a affirmé mercredi à la presse une responsable des urgences sanitaires à l'OMS, Anaïs Legand. Mais étant donné la propagation, l'organisation estime que l'épidémie a probablement démarré 'il y a plusieurs mois'.
Plusieurs de ses collègues ont relevé la complexité de ces situations. Et le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a balayé mercredi les critiques la veille du secrétaire d'Etat américain. Marco Rubio avait accusé l'OMS, dont les Etats-Unis se considèrent désormais comme sortis, d'avoir 'tardé' à identifier cette nouvelle épidémie.
'Dès que l'OMS a été informée', 'un soutien a été apporté' aux autorités congolaises, a rétorqué Anaïs Legand. M. Tedros est allé plus loin en parlant d'un 'manque de compréhension' de la manière dont le Règlement sanitaire international (RSI) fonctionne de la part de M. Rubio. L'OMS 'ne remplace pas' les Etats membres mais les soutient, a-t-il insisté.
Contrairement aux Etats-Unis également, l'organisation ne recommande pas une interdiction de voyager pour les personnes qui se trouvent en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Seuls les contacts des personnes infectées doivent se restreindre.
Pas de vaccin avant des mois
Selon les derniers chiffres relayés par le directeur général, 139 décès sont suspectés être liés à Ebola et parmi près de 600 cas suspects ont été observés. 'Nous nous attendons à ce que ce chiffre continue d'augmenter', estime M. Tedros.
En République démocratique du Congo (RDC), 51 cas sont confirmés. 'Nous savons que la dimension de l'épidémie est bien plus importante'. Deux ont également été observés en Ouganda. Et un travailleur de santé américain a également été infecté.
Le premier chantier 'absolu' est d'identifier toutes les chaînes de propagation, selon le chef des urgences à l'OMS, Chikwe Ihekweazu. Cette approche permettra ensuite d'évaluer la dimension réelle de l'épidémie qui devrait durer plusieurs mois au moins.
Mardi soir, un comité d'urgence a validé le choix de M. Tedros de considérer cet épisode comme une urgence sanitaire de portée internationale, deuxième niveau le plus élevé après l'urgence pandémique. En l'absence d'un vaccin pour la souche Bundibugyo, l'urgence est de faire des essais cliniques des principaux candidats.
Il faudra plusieurs mois avant de pouvoir le faire. De même, il faut établir les 'bonnes plateformes' pour pouvoir avoir des tests PCR qui identifieraient rapidement la souche dans les communautés, selon Mme Legand.
Pas de problème d'accès à l'épicentre
M. Tedros est très inquiet de la vitesse de propagation, de la présence de cas en zone urbaine ou encore de l'augmentation récente des violences dans l'est de la RDC. Plus de 100'000 personnes ont été déplacées ces deux derniers mois en raison des affrontements entre le M23 et l'armée congolaise.
Le Prix Nobel de la Paix congolais Denis Mukwege a appelé les rebelles à ouvrir l'aéroport de Goma, grande ville du Nord-Kivu, qu'ils contrôlent. 'L'épicentre est en Ituri' et 'nous n'avons pas de problème d'accès' à Bunia pour le moment, se contente d'affirmer le directeur général face à cette question très politique.
Et une autre responsable fait remarquer que l'OMS n'a jamais quitté Goma depuis l'offensive du M23 début 2025 pour contrôler Goma. L'organisation est présente dans les régions affectées et ne prévoit pas pour le moment l'envoi d'équipes internationales de réponse rapide.
'Nous allons augmenter' le dispositif dans les prochains jours, a aussi dit Dr Chikwe. 'Nous travaillerons avec les communautés locales, identifiant les manques qu'elles ont, avant de faire voler des renforts pour les sauver', selon lui.
/ATS