L'avenir du site de la raffinerie de Collombey-Muraz évoqué
Le démantèlement des derniers vestiges de la raffinerie de Collombey-Muraz ouvre de nouvelles perspectives économiques.
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTTOnze ans après l'annonce de la fin des activités de la raffinerie, Tamoil et les autorités de Collombey-Muraz (VS) ont évoqué l'avenir du site jeudi à l'occasion du démantèlement des deux dernières cheminées. L’idée reste de créer un pôle de nouvelles technologies
Celui-ci serait basé, notamment, sur la transition énergétique, des start-up éventuellement liées avec l'EPFL, divers grands quartiers industriels et une gare marchandise, afin de desservir la zone. Celle-ci permettrait aux futures entreprises du site de pouvoir acheminer leur fret via la ligne du Simplon. 'L’idée est de relier le site à la future halte CFF de Collombey-le-Grand située à proximité', avait dévoilé, en 2025, le président de la commune, Olivier Turin.
Les partenaires envisagent également la création d’un pôle d’activité de sport et de loisirs, des espaces verts et de détente et des voies de mobilité douce, afin de rapprocher plusieurs des villages qui constituent la commune de Collombey-Muraz. Enfin, du terrain d'une surface à définir serait rendu aux agriculteurs.
Sur ce point, un projet d’échange de terrain est en cours de réflexion. Huit hectares dévolus à l’agriculture seraient déplacés de quelques centaines de mètres afin de raccorder plus facilement le futur site avec la Satom. La société œuvre à la valorisation de l'énergie contenue dans les déchets incinérables et la méthanisation des déchets biodégradables.
4000 à 5000 emplois
Plusieurs centaines de millions de francs seront investis dans un quartier qui devrait progressivement voir le jour sur plusieurs décennies. L’ensemble du projet est mené conjointement par la commune et Tamoil Suisse SA (TSSA), mais cette dernière demeure propriétaire de sa parcelle de 116 hectares, sur un total de 147 hectares à disposition.
Au cours du printemps 2021, l’entreprise pétrolière et la commune de Collombey-Muraz s’étaient mises d’accord pour accorder leurs violons concernant l’avenir du site. En juin de la même année, les parties dévoilaient les grandes lignes d’un projet d’envergure, visant à créer entre 4000 et 5000 emplois sur la zone de la raffinerie, à l’arrêt depuis 2015.
Quid de la mobilité ?
La mobilité est également au cœur des présentes réflexions. 'Avec la commune d'Aigle, nous avons en projet de construire deux points: un pour le fret, l’autre pour la mobilité douce entre la zone industrielle d’Aigle, celle de la raffinerie et le futur hub de transport public du Corbier', a rappelé Olivier Turin. 'Pour le pont dévolu au transport public (ndlr: bus), nous allons l’inscrire dans le projet d’agglomération de 6e génération de Chablais Agglo (période 2032-2036).'
Les partenaires de ce 'projet du siècle' doivent encore régler cette question de la mobilité, mais aussi celle des surfaces d’assolement en lien avec la 3e correction du Rhône, la gouvernance du projet et le traitement des PFAS découverts sur place.
Des entreprises intéressées mais...
'Cela fait trois ans que l’on travaille - sous la responsabilité du canton du Valais depuis quelques mois désormais - à créer une réserve stratégique d’importance cantonale (RSIC) et sur la création d’un plan d’aménagement cantonal (PAC)', a résumé l'élu socialiste, qui espère que ce dernier soit bouclé encore cette année, avant d'être soumis au Parlement qui aura le dernier mot en la matière.
'Cinq à six entreprises se sont intéressées à s’installer sur le site, mais ont reporté leurs venues, le PAC n'étant pas encore homologué', a précisé, jeudi, Stéphane Trachsler, le directeur de TSSA, sans donner ni leur nom ni leur origine. 'Certitude: il ne s'agira pas d'industrie lourde.'
Présence de PFAS
Au niveau environnemental, si l’assainissement demandé par le Service valaisan éponyme (SEN) a été effectué par TSSA, celui-ci a eu, depuis lors, la surprise d’apprendre la présence de PFAS dans une petite partie du sol du site. Leur présence est liée à l’infiltration de la mousse utilisée lors d’exercices de pompiers.
'Depuis 2024, neuf puits pompent l’eau souterraine, avant de la rejeter, propre, en aval, dans le Rhône' précise le directeur. 'Pour ce faire, nous avons avancé l’ensemble des frais, soit plusieurs millions de francs. Un champ photovoltaïque a également vu le jour à proximité pour réduire les factures d'énergie.'
Désormais, il s’agira de déterminer (ndlr : notamment avec le Canton du Valais) qui entre dans la catégorie du pollueur-payeur. 'Certitude: TSSA appliquera la loi, comme elle l’a toujours fait', a conclu son directeur.
/ATS