Le National entame le débat sur de nouvelles centrales nucléaires
A la veille du débat au Conseil national, un sondage a montré que près de 60% des Suisses étaient favorables à la construction de nouvelles centrales nucléaires, par crainte de manquer d'électricité à long terme (Archives).
Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLYLe Conseil national a commencé lundi après-midi à débattre de la levée de l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Le débat s'annonce long et animé. Une partie du Centre pourrait faire pencher la balance dans le camp du oui.
Les élus débattent du contre-projet indirect du Conseil fédéral à l'initiative populaire 'De l'électricité pour tous en tout temps (Stop au black-out)'. Les deux textes souhaitent rouvrir la porte à l'atome, en tablant sur de nouvelles technologies plus sûres. Le Conseil des Etats s'est déjà prononcé en faveur du contre-projet en mars dernier.
En commission préparatoire, le contre-projet du Conseil fédéral a passé par 13 voix contre 12. Il modifie uniquement la loi et non la Constitution.
Se garder une option
'Le contre-projet ne préjuge pas d'une future décision de construire de nouvelles centrales. (...) Il vise uniquement à supprimer une interdiction générale afin de préserver toutes les options susceptibles de contribuer à la sécurité d'approvisionnement dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et une demande d'électricité en hausse', a déclaré pour la commission Simone de Montmollin (PLR/GE).
Les énergies renouvelables ne suffiront pas à couvrir les besoins supplémentaires allant de 35 à 50 TWh, a ajouté le co-rapporteur de commission Mike Egger (UDC/SG).
La question centrale est de savoir si la Suisse peut se trouver une technologie qui fournit aujourd'hui environ 30% de l'électricité. Une pénurie de cette ampleur en hiver pourrait entraîner des dégâts économiques à hauteur d'un milliard de francs par jour, a-t-il dit, citant une analyse des risques.
'Ruineux'
A l'opposé, Stefan Müller-Altermatt (Centre/SO) s'est montré très critique: 'Le nucléaire d'aujourd'hui est tout simplement ruineux.' Il a déposé une proposition de moratoire en 2035 afin de mieux identifier les besoins énergétiques et d'évaluer les avancées technologiques, notamment nucléaires.
Priska Wismer-Felder (Centre/LU) a elle proposé de renvoyer le contre-projet au Conseil fédéral afin de clarifier le financement de nouvelles centrales. Elle s'inquiète des risques qui y sont liés, sachant que toute production électrique nécessite un soutien étatique. Pour elle, le projet en l'état revient 'à naviguer à l'aveugle'. Elle veut avec sa proposition améliorer le contre-projet.
Le débat, prévu sur deux jours, se poursuit. Pas moins de 99 élus ont demandé à s'exprimer à la tribune et de nombreuses propositions de non-entrée en matière et de renvoi au Conseil fédéral sont sur la table. Il faudra donc attendre mardi pour les votes. Le PS, les Vert-e-s, le PVL et certains élus du Centre se montrent critiques sur le retour du nucléaire.
/ATS