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L'occasion en or du Canada

24.06.2026 06h00

L'occasion en or du Canada

Le Canada de Jesse Marsch a une occasion en or de briller sur la scène internationale

Photo: KEYSTONE/EPA/BOB FRID

Adversaire de la Suisse mercredi à Vancouver, le Canada est l'un des trois pays organisateurs du Mondial. Les 'Rouges' ont une occasion en or de briller sur la plus grande scène internationale.

Il y a quatre ans, au Qatar, le Canada faisait son grand retour au Mondial, 36 ans après sa précédente participation en 1986. Emmenés par deux joueurs brillants en Europe, Alphonso Davies (indiscutable au Bayern) et Jonathan David (alors à Lille), les joueurs à la feuille d'érable s'avançaient comme de potentiels outsiders dans un groupe composé de deux sélections vieillissantes - Belgique et Croatie - et du Maroc, dont le potentiel peinait encore à se révéler.

Mais l'apprentissage a été rude et le bilan famélique pour une équipe manquant cruellement d'expérience au plus haut niveau. Avec trois défaites et une quatrième place, le Canada est rentré à la maison par la petite porte, comme en 1986.

'Nous voulons remporter le groupe'

Cette année, le résultat s'est déjà amélioré après deux journées, le Canada étant quasiment assuré de participer aux 16es de finale. La déception du match nul inaugural face à la Bosnie (1-1) a été éclipsée par le festival réussi contre le Qatar (6-0), et ce malgré la grave blessure du milieu Ismaël Koné, victime d'une double fracture tibia-péroné.

Pour le sélectionneur Jesse Marsch, l'ambition est on ne peut plus claire. 'Nous voulons remporter le groupe, avait-il lancé en mars dans une interview au média GiveMeSport. Pour un pays qui n'a jamais remporté le moindre match en Coupe du monde, ni même un seul point, cela peut-être pris comme une déclaration farfelue, mais c'est notre état d'esprit.' Ce n'était pas viser la lune: le Canada terminera en tête du groupe B s'il ne perd pas mercredi contre la Suisse.

L'entraîneur de 52 ans a pris les rênes de la sélection canadienne en mai 2024. Cet ex-international étasunien, issu de la galaxie Red Bull, a fait ses armes à New York (2015-18) avant de se révéler en Europe à Salzbourg (2019-21) puis à Leipzig (2021). Son expérience à Leeds, où il avait succédé à Marcelo Bielsa, avait ensuite tourné court.

L'homme de la situation

Jesse Marsch a repris la progression linéaire des 'Rouges', passées de la 122e place du classement FIFA en 2016 au top 30. Son premier fait d'armes a été d'atteindre les demi-finale de la Copa America en 2024, où le Canada n'a cédé que face au futur vainqueur, l'Argentine.

Le sélectionneur, adepte du pressing ultra-agressif et du jeu direct propre à l'école Red Bull, fait tellement l'unanimité qu'il a prolongé son contrat jusqu'en 2030 avant même le début du tournoi. 'Jesse Marsch a accompli des tâches qui vont bien au-delà des responsabilités habituelles d’un entraîneur, il se rend régulièrement dans les clubs locaux pour y promouvoir sa philosophie', s'est justifié Canada Soccer.

Au pays du hockey-roi, c'est bien le football qui est le sport le plus pratiqué, avec un million de licenciés selon la fédération. Et les responsables de la fédération espèrent que les treize matches du Mondial organisés sur sol canadien permettront d'accélérer un processus en cours depuis plusieurs années.

Mais où est le Québec?

Seul bémol, le onze de l'unifolié ne jouera pas devant le public québécois. Aucun match du Mondial n'aura d'ailleurs lieu au Québec, les deux seules villes-hôtes canadiennes étant Toronto (Ontario) et Vancouver (Colombie-Britannique).

Montréal a longtemps fait partie des candidates mais la métropole québécoise s'est retirée en 2021, invoquant des raisons financières. Selon une enquête de Radio-Canada publiée en avril, la FIFA aurait exigé le report d'évènements culturels et sportifs prévus jusqu'à une semaine avant le début de la compétition, comme par exemple le Grand Prix du Canada de Formule 1.

Le gouvernement québecois a également estimé que la facture imposée au contribuable (entre 1 et 2 milliards de francs selon Radio-Canada) n'aurait pas pu être compensée par des retombées économiques jugées 'exagérées'. Résultat: le Québec reste en marge du Mondial, une absence symboliquement forte pour une province qui représente près d'un quart de la population canadienne.

/ATS