Suisse

La conseillère nationale Bally évoque la violence qu'elle a subie

05.07.2026 03h08

La conseillère nationale Bally évoque la violence qu'elle a subie

La conseillère nationale argovienne Maya Bally a été victime de violences conjugales dans sa jeunesse.

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

Maya Bally, conseillère nationale argovienne du Centre, évoque dans une interview son expérience personnelle de la violence conjugale. À l'âge de 20 ans, son petit ami de l'époque l'avait frappée, a confié la femme désormais âgée de 65 ans.

'Il m'a giflée si fort que mon tympan a éclaté', raconte l'Argovienne dans l'interview publiée dimanche dans la SonntagsZeitung. A l'époque elle avait justifié l'acte de la sorte: 'Ce genre de chose peut arriver', s'était-elle dit.

Elle s’était également reproché ce qui s’était passé: 'Ça vous affecte quand on aime quelqu’un qui, un jour, vous déclare son amour et, le lendemain, vous frappe.' Elle a longtemps considéré son compagnon de l’époque comme une victime de son enfance difficile et non comme un agresseur. 'Mon ex-compagnon était un vendeur incroyablement doué, capable de mettre tout le monde de son côté et apprécié de tous', explique-t-elle.

Elle a fini par emménager avec cet homme. 'Il s’y est pris très habilement, car il m’a raconté qu’il avait perdu son appartement et qu’il ne savait tout simplement pas où aller.' Avec le recul, cela s’est avéré être un mensonge. Il était lourdement endetté et trompait Madame Bally.

'Briser le tabou'

Lors d’une autre dispute, son ex l’avait frappée si violemment qu’elle était tombée dans la baignoire. Elle avait raconté à son entourage qu’elle avait trébuché sur le chat. Personne ne l’avait cru cette histoire. 'Mais que pouvaient faire ma famille et mes amis, puisque je m’obstinais à raconter ce conte de fées ?', explique-t-elle.

Aujourd’hui, Maya Bally a surmonté les traumatismes de l’époque. La centriste justifie sa décision de s’exprimer publiquement par l’importance du sujet. Elle souhaite donner du courage aux victimes et à leur entourage: 'Nous devons tous ouvrir les yeux et briser le tabou.'

Sous la coupole du Palais fédéral, la conseillère nationale milite en faveur de mesures, comme par exemple, la création d’une infraction pénale spécifique contre le harcèlement obsessionnel. Au-delà des clivages politiques, il existe 'un consensus sur la nécessité de lois plus strictes pour mieux lutter contre la violence domestique', déclare-t-elle dans l'interview.

/ATS