Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien
Les Etats-Unis ont rétabli leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien (image symbolique).
Photo: KEYSTONE/EPA/ADAM VAUGHANLes Etats-Unis ont rétabli mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien, affirmant répondre ainsi aux actions 'totalement inacceptables' de la République islamique dans le détroit d'Ormuz, où plusieurs navires ont été visés par des attaques.
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, le Qatar et l'Arabie saoudite imputant deux de ces attaques à l'Iran, malgré le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.
L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre Téhéran.
Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz - par où transitent en temps normal 20% du brut et du GNL mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l'économie mondiale et flamber les prix - ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
'Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis', a déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l'anonymat, après la publication d'un document par le ministère des Finances interdisant les 'nouvelles transactions' d'hydrocarbures iraniens à compter de mardi.
Chargé d'affaires convoqué
L'Arabie saoudite a condamné 'le ciblage par la République islamique d'Iran du pétrolier saoudien Wedyan', ainsi que celui 'du méthanier qatari Al-Rakayyat', dénonçant 'une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux'.
Auparavant, le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien pour protester contre l'attaque visant son méthanier.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a indiqué avoir remis au diplomate iranien une note sommant Téhéran de 'cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale' ainsi qu'à 'la sécurité de la navigation internationale et l'approvisionnement énergétique mondial', tout en réclamant 'sans délai des explications sur cette attaque'.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a, de son côté, dénoncé une mise en cause 'inacceptable' de la part du Qatar.
Divergences sur la gestion du détroit
Sans les attribuer, l'agence UKMTO a ensuite signalé mardi deux autres incidents: un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant 'des dommages structurels', et un navire-citerne frappé par un drone d'origine inconnue. Dans les trois cas, l'agence a indiqué qu'il n'y avait eu ni blessé, ni dégâts environnementaux.
La navigation a repris dans le détroit d'Ormuz à la suite de la signature du protocole d'accord, malgré quelques incidents.
Fin juin, accusant l'Iran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s'étaient ensuite mis d'accord pour cesser ces hostilités.
L'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes.
Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait 'tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux', citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.
L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.
Cette montée des tensions intervient alors que l'Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d'arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.
/ATS