Roland Collombin est décédé
Roland Collombin, ici avec Marie-Thérèse Nadig en 1975, est décédé
Photo: KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/STRLégende du ski suisse, Roland Collombin est décédé à 75 ans, a annoncé sa famille sur Instagram. Le Valaisan, 2e de la descente olympique à Sapporo en 1972, luttait contre la maladie depuis deux ans.
La maladie aura été plus forte que cet homme qui aimait braver les pistes les plus raides de la planète et qui aimait les sensations fortes. 'La Colombe s'est envolée', comme a joliment titré 'Le Nouvelliste'.
Après avoir surmonté un cancer de la gorge, il a dû faire face à celui du foie. Il avait fait plusieurs séjours à l'hôpital. Comme l'a écrit sa famille sur Instagram, l'homme aux 8 succès en Coupe du monde s'est paisiblement endormi dans la maison qui l'a vu naître, entouré des siens.
La carrière de Collombin aura été courte. Trop courte. Tout aura été regroupé sur deux ans. En 1972 aux JO de Sapporo, il termine 2e derrière son meilleur ennemi Bernhard Russi alors qu'il ne comptait aucun podium en Coupe du monde. Ce sont les entraîneurs qui ont pensé qu'il avait les moyens de faire quelque chose au Japon.
En décembre 1971, il termine 7e de la descente de Val d'Isère. Cette piste Oreiller-Killy va le marquer. Quatrième en 1972, il chute une première fois en décembre 1974 et finit par se relever. Un an plus tard, ce ne sera pas la même histoire. Touché aux vertèbres, il passe trois mois dans un hôpital de Bâle. Il retrouvera toutes ses facultés, mais pas la compétition. La piste française a d'ailleurs conservé une trace indélébile de ses deux cabrioles puisque le lieu de ses chutes s'appelle la 'Bosse à Collombin' depuis.
Il dompte deux fois la Streif
Son premier succès en Coupe du monde, il le signe en 1972 à Val Gardena. En janvier 73, lui le 'fou' s'impose sur la Streif. En janvier 74, il réalise un mois de janvier exceptionnel avec quatre succès en descente dont Wengen et Kitzbühel pour la deuxième fois.
Ces victoires lui permettent de gagner le globe de descente pour la deuxième fois en deux saisons. A cet instant, il est plus fort que Russi et le patron autrichien Franz Klammer. Puis Val d'Isère vient tout dérégler. Partir à la retraite à 24 ans, voilà quelque chose d'assez peu commun. Sans cela, le Valaisan aurait certainement aligné d'autres trophées.
Ce sont ses succès qui l'ont rendu célèbre, mais c'est sa façon d'être, son côté bon vivant, qui ont fait qu'il a gardé une place particulière dans le coeur des Suisses. Au début des années 70, la télévision a donné un sérieux coup de projecteur sur les courses de ski et la Suisse a tout de suite adoré sa rivalité avec Russi, le 'professeur'.
Après sa carrière, il avait pris la tête d'une entreprise de livraison de boissons. En 2015, il avait ouvert un bar à raclette à Martigny et l'avait baptisé 'La Streif'. Il laisse derrière lui son épouse Sarah, ses deux enfants Emmanuelle et Pierre, ainsi que deux petits-enfants.
/ATS