Des milliers de personnes manifestent à Berne pour la Pride
Des milliers de personnes queer se sont rassemblées samedi à Berne pour défendre leurs droits.
Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZERLa Pride a débuté samedi midi à Berne avec la marche des fiertés à travers la ville. Cet événement vise à attirer l'attention sur les droits des personnes queer. Il met également l'accent sur la solidarité au sein de la communauté queer.
Pour ouvrir la manifestation, Anna Rosenwasser, conseillère nationale zurichoise du PS et militante LGBTQ, s'est adressée aux participants. 'La Suisse, riche et moderne, ne se classe qu'en bas du classement en matière de droits des personnes queer, ce qui est non seulement embarrassant, mais aussi dangereux', a-t-elle déclaré.
Et de constater que les familles arc-en-ciel sont toujours confrontées à des lacunes juridiques, les personnes non binaires ne sont pas reconnues. Les thérapies de conversion sont encore légales dans de nombreux cantons.
Dans ce contexte, Mme Rosenwasser a souligné la joie d’actes de résistance. 'Nous sommes ici parce que l’une des plus belles choses, c’est d’être queer, d’être soi-même. Nous sommes ici pour montrer qu'heureusement, nous sommes tous et toutes là'.
Depuis la Waisenhausplatz à Berne, un cortège coloré et pacifique, accompagné de plusieurs camions offrant autant de scènes, s’est mis en marche à travers la ville. Les ruelles de la vieille ville de Berne étaient ornées de drapeaux arc-en-ciel. Depuis la vieille ville, le cortège a traversé les quartiers de la Matte et de Marzili, bordant l'Aar, avant de rejoindre la Place fédérale.
Interdire les thérapies de conversion
Là, un festival composé de discours politiques, de musique et de spectacles attendait les participants. Malgré les avancées réalisées ces dernières années pour améliorer la situation des personnes queer en Suisse, l’égalité juridique n’est pas encore atteinte, ont souligné plusieurs orateurs. De même, si l’acceptation sociale s’est certes améliorée, de nombreuses personnes queer continuent de subir des discriminations et des actes d’hostilité au quotidien.
Ex-membre du Parti évangélique (PEV), mais aujourd'hui active au sein des Vert-e-s, Lea Blattner a réclamé, selon le texte de son discours, l’interdiction des thérapies de conversion. Le Conseil national a légiféré dans ce sens en 2022, depuis, la balle est dans le camp du Conseil des Etats, qui attend un rapport du Conseil fédéral.
Il faut enfin aller de l’avant, a exigé Mme Blattner. On n’attend pas des rapports pendant que des gens souffrent. C'est déjà faire un choix quand on attend alors qu'on peut agir, a-t-elle ajouté.
/ATS