Marchés: le pétrole chute avec l'accalmie USA-Iran
Les prix des hydrocarbures fluctuent au gré des rebondissements du conflit depuis le lancement fin février de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. (archive)
Photo: KEYSTONE/EPA/FILIP SINGERLes cours du pétrole chutent de plus de 6% lundi, après trois nuits consécutives sans frappes américaines en Iran, mais les Bourses asiatiques restent fébriles, sauf à Shanghai, où le champion chinois des puces mémoire CXMT fait une entrée fracassante.
Vers 09h00, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale pour le pétrole, chutait de 6,86% à 90,15 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), reculait de 6,43% à 83,57 dollars.
Après deux semaines de bombardements menés par les Etats-Unis en Iran, aucune nouvelle frappe n'a été signalée depuis vendredi soir.
'Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations', a commenté le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia.
Selon l'ambassadeur de Washington à l'ONU, Mike Waltz, le président américain Donald Trump laisse 'de la place' pour des négociations avec Téhéran. Il a affirmé que les tractations se poursuivaient, tout en soulignant que le chef de l'Etat n'avait pas renoncé à la nouvelle escalade dont il a menacé la République islamique.
'L'événement marquant du week-end a été la suspension des frappes contre l'Iran depuis vendredi soir, sans explication ni annonce, après treize jours de bombardements. (...) Bien qu'il soit difficile de prévoir avec certitude l'évolution de la situation, notre scénario de base reste celui d'une désescalade progressive', a estimé Michael Wan, analyste de la banque MUFG.
Le marché affiche l'espoir d'une trêve permettant le retour de la navigation dans le détroit d'Ormuz, aujourd'hui pratiquement bloquée et sous contrôle iranien. Un cinquième du brut mondial transite d'ordinaire dans ce passage stratégique.
Selon Michael Wan, plusieurs facteurs favorisent une accalmie. 'L'armée américaine pourrait actuellement manquer de munitions suffisantes pour soutenir une guerre totale' et 'les élections de mi-mandat approchent, Trump n'ayant aucun intérêt à ce que les prix du pétrole se maintiennent aux niveaux actuels', a-t-il souligné.
Par ailleurs, 'les pays du Moyen-Orient et du Golfe ont généralement intérêt à la paix (...) enfin, certains signes indiquent également que la Chine a joué un rôle plus important dans ces négociations', a ajouté l'analyste.
Pour autant, un deuxième volet d'inquiétudes est venu s'ajouter au marché avec le blocus maritime des ports saoudiens, décidé par les rebelles houthis du Yémen, soutiens de l'Iran.
Le protocole d'accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran avait permis de faire plonger les cours, le Brent s'échangeant alors tout juste au-delà de 70 dollars, avant que la reprise des affrontements n'entraîne une nouvelle flambée des prix en juillet.
/ATS