Soudan: les soutiens extérieurs alimentent la guerre (enquêteurs)
Pour les membres de la commission d'enquête, "toute la chaîne de responsabilité doit faire l'objet d'une investigation. Y compris ceux qui ordonnent, financent, approvisionnent et facilitent des crimes internationaux".
Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFILe recrutement de ressortissants étrangers et le soutien extérieur plus large alimentent la guerre au Soudan, selon la Mission internationale d'établissement des faits. Cette instance cible des entreprises internationales qui ont aidé les paramilitaires.
Dans un rapport publié jeudi à Genève, les trois enquêteurs, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU mais sont mandatés par le Conseil des droits de l'homme, reprochent aussi à l'armée le recours à des drones étrangers.
Le soutien aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) passe lui notamment par des armes, des munitions et des technologies militaires. Mais également par une aide dans les offensives. Jusqu'à 2000 anciens militaires colombiens auraient manoeuvré des drones pour les FSR au Darfour et au Kordofan. Des groupes émiratis sont également en cause. L'assistance serait acheminée au travers du Tchad, de la Libye ou de la Somalie.
Les Etats d'où viennent toutes ces entités internationales doivent mener des investigations et empêcher les mercenaires. Les conséquences affectent surtout les 'civils', dit le président de la mission, Mohamad Chande Othman. Or, des attaques délibérées contre les civils et les infrastructures civiles équivalent à des crimes de guerre.
Possibles crimes de guerre
L'une des membres de la mission, Mona Rishmawi fait remarquer que le soutien aux FSR a notamment été observé lors de la prise de la ville d'El-Facher, au Darfour, il y a près d'un an. Les enquêteurs avaient considéré qu'une 'campagne génocidaire' était menée.
Les attaques par drone des FSR peuvent équivaloir à des crimes de guerre, ajoute la mission. 'Toute la chaîne de responsabilité doit faire l'objet d'une investigation. Y compris ceux qui ordonnent, financent, approvisionnent et facilitent des crimes internationaux', estime une enquêtrice, Joy Ngozi Ezeilo. La mission demande au Conseil de sécurité de l'ONU de renforcer l'embargo sur les armes.
Depuis le début du conflit il y a trois ans entre les FSR et l'armée, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Près de 13 millions de personnes ont été déplacées, dont quatre millions de réfugiés. Des dizaines de millions de personnes ont besoin d'une assistance.
/ATS