Économie

Carney balaie les menaces de Trump et salue une alliance avec l'UE

17.09.2026 18h08

Carney balaie les menaces de Trump et salue une alliance avec l'UE

Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump, est en quête de nouveaux partenaires. Le premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours très attendu à Strasbourg devant le Parlement européen.

Photo: KEYSTONE/EPA/RONALD WITTEK

Le Premier ministre canadien Mark Carney, balayant les menaces de Donald Trump, a salué jeudi l'idée d'une 'nouvelle alliance' de son pays avec l'UE, présentée comme un gage d''autonomie stratégique', dans un discours très attendu devant le Parlement européen.

'Personne ne nous dictera' avec qui le Canada peut s'engager, a-t-il affirmé devant la presse à Strasbourg.

'Nous ne cherchons pas à dominer les autres', a proclamé le dirigeant canadien.

Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump, est en quête de nouveaux partenaires.

De son côté, l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, cherche des appuis dans sa stratégie de rééquilibrage entre les deux superpuissances que sont la Chine et les Etats-Unis.

Mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé de faire du Canada le premier 'membre associé' de l'UE.

Il s'agirait d'un statut inédit restant à inventer et qui a un peu pris de court les Vingt-Sept, selon des diplomates à Bruxelles.

Lors de son discours de rentrée au Parlement, en présence de Mark Carney, Ursula von der Leyen a également proposé que le Canada rejoigne le futur 'Conseil européen de sécurité', qu'elle appelle de ses voeux.

Des propositions qui ont piqué au vif Donald Trump. 'S'ils font cela, si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l'Europe', a réagi le président américain.

L'Union européenne comme le Canada ont tenté de le rassurer jeudi, en affirmant que leur rapprochement n'est pas antiaméricain.

'Un Canada plus fort, un Canada plus résilient, plus souverain va être un partenaire plus effectif avec les Etats-Unis', a déclaré Mark Carney.

'La proposition de renforcement de notre partenariat avec le Canada n'est dirigée contre personne', a aussi souligné Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne.

Ce statut de membre associé est un 'faux débat', juge en outre un diplomate européen. L'UE et le Canada vont 'travailler ensemble sur l'intelligence artificielle, les menaces hybrides et de nombreux autres sujets. On peut appeler cela comme on veut'.

'Construire ensemble'

Mark Carney a quant à lui accueilli 'favorablement cette ambition. Je peux vous dire que les sondages montrent qu'une écrasante majorité de Canadiens soutient des liens beaucoup plus étroits avec l'Europe'.

Mais, a-t-il souligné ensuite devant la presse, 'ce qui compte c'est la substance, ce que nous allons construire ensemble'.

Pragmatique, M. Carney a énuméré des domaines de coopération à approfondir, comme les minéraux critiques, l'intelligence artificielle, la base industrielle de défense ou encore la sécurité énergétique.

Le chef du gouvernement canadien a aussi longuement évoqué les 'valeurs communes' entre son pays et l'Europe.

'Une alliance entre le Canada et l'UE constituerait un phare pour les autres démocraties ; une alliance définie non pas par ce à quoi nous nous opposons, mais par ce que nous défendons', a lancé Mark Carney, citant entre autres 'la liberté' et 'la 'solidarité'.

'Je ne propose pas la création d'un troisième bloc visant à devenir une grande puissance rivale simplement avec de meilleures manières', a-t-il encore assuré.

Pour saluer ce rapprochement, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a posté sur les réseaux sociaux un drapeau européen où apparaît la feuille d'érable rouge, symbole du Canada, juste à côté des étoiles dorées de l'Union européenne.

'Nous avons vocation à créer des liens toujours plus étroits avec le Canada', a réagi de son côté le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot. Mais le projet devra être 'débattu, décortiqué, analysé' avant que la France ne prenne une position définitive.

Ce rapprochement avec le Canada permet aussi aux Européens d'oublier la déconvenue du référendum de fin août en Islande, où la population s'est opposée à la réouverture des négociations sur l'adhésion du pays à l'UE.

'L'Europe n'a jamais été aussi attractive qu'aujourd'hui', s'est félicitée jeudi la commissaire à l'Elargissement, Marta Kos.

/ATS