La Suisse préoccupée par la répression à l'étranger par la Russie
La Suisse demande à la Russie du président Vladimir Poutine de mettre un terme à la répression à l'étranger contre des ressortissants russes.
Photo: KEYSTONE/AP/Vyacheslav ProkofyevLa Suisse est très 'préoccupée' par la répression des droits humains menée par la Russie à l'étranger. Lundi à Genève, elle a demandé aux autorités de ce pays de mettre un terme à ces pratiques.
Dans un rapport présenté devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la rapporteuse spéciale Mariana Katzarova affirme que la répression menée par la Russie à l'étranger ne constitue pas 'une série d'incidents isolés'. Comme sur le territoire national russe, le système soutenu par l'Etat est 'délibéré' et 'institutionnalisé'.
Depuis le début de la guerre, entre 650'000 et 900'000 Russes ont quitté leur pays. 'Alors que la société civile en exil augmente, la machinerie pour la poursuivre fait de même', ajoute la Bulgare, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU mais est mandatée par le Conseil.
Plus de 150 personnes ont été condamnées par contumace en 2025 et le rapport documente près de 400 cas de répression à l'étranger. Ce chiffre préoccupe la Suisse, tout comme le caractère 'systématique' des violations, a affirmé devant le Conseil un représentant de la mission suisse à l'ONU à Genève.
Ces actes portent atteinte aux libertés fondamentales, au droit à la vie privée et à la sécurité de ces personnes, insiste-t-il. Et de déplorer que les défenseurs des droits humains et les activistes de la société civile soient largement affectés.
Demande d'une convention internationale
La Suisse demande aussi à Moscou de ne pas utiliser les législations sur la sécurité, l'extrémisme et le terrorisme pour restreindre les droits de ces individus. La Russie ne doit pas recourir aux nouvelles technologies pour 'surveiller', 'harceler' et 'intimider' ces personnes, selon elle. Elle souhaite que ceux qui le souhaitent puissent collaborer sans représailles avec l'ONU.
Selon Mme Katzarova, au moins neuf départements des forces de sécurité russes participent à la répression à l'étranger, aux côtés de procureurs ou de ministères. Depuis le début de la guerre, cette approche passe par des mandats d'arrêt, des banques de données, des banques, des systèmes numériques et des alliés. Et la rapporteuse spéciale de dénoncer les Etats qui extradent les Russes dans leur pays.
Depuis août, une législation autorise des restrictions sur les avoirs, les passeports, les prestations consulaires, les questions financières et les droits de propriété liés à des Russes à l'étranger qui sont listés. Mais les personnes affectées conservent leurs devoirs de citoyens.
Une répression numérique contre une campagne pour sécuriser des messages a elle compromis des centaines de personnes, dont des responsables politiques européens. Mme Katzarova demande aux Etats qui accueillent des Russes d'honorer leurs obligations internationales. Et de souhaiter une Convention internationale contre cette répression.
/ATS