Le peuple suisse rejette l'initiative pour la neutralité
La déception se lit sur les visages de Stephan Rietiker, président de Pro Schweiz (droite), et de l'ancien conseiller national (UDC/SO).
Photo: KEYSTONE/KEYSTONE/PETER SCHNEIDERLa neutralité suisse ne sera pas redéfinie. Le peuple suisse a massivement rejeté l'initiative pour la neutralité, déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC, selon une projection de l'institut gfs.bern dimanche. 71% ont dit non.
L'UDC enregistre son troisième échec dans les urnes en six mois. Sur la neutralité, la carte est rouge vif. Aucun canton n'a soutenu l'initiative.
Le score est quasi soviétique dans les cantons romands. Vaud a refusé l'initiative par 73%, Neuchâtel par 73,2%. Les Fribourgeois ont refusé par 71,3% et les Jurassiens par 70,3%. Le non s'élève à 66,5% à Genève. Un résultat proche de celui du Valais.
Le texte n'a pas réussi à séduire Outre-Sarine non plus.
A Zurich, quasi trois votes sur quatre sont un refus. Bâle-Ville dit non par 79,9%. En Argovie, le non l'emporte par 70,4%.
Au Tessin, le non est moins virulent, avec seulement 51,2%. Près de la moitié des communes ont soutenu le texte. Les communes italophones des Grisons ont également dit oui. Mais le canton a refusé l'initiative par 64,9%.
Neutralité perpétuelle et armée
L'initiative voulait qualifier la neutralité helvétique de 'perpétuelle et armée'. Elle exigeait aussi que la Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou de défense, ne participe pas aux guerres étrangères et ne prenne pas de sanctions économiques ou diplomatiques contre un Etat belligérant, sous réserve de ses obligations envers l'ONU.
L'UDC et les milieux proches de ce parti, mais aussi le Comité pour la Genève internationale et sa neutralité ainsi que le Conseil de la neutralité, soutenaient le texte. Au-delà, personne n'était convaincu, estimant que l'initiative affaiblissait la neutralité, au lieu de la renforcer.
/ATS