La réforme de la rémunération G'Evolue mise en consultation
G'Evolue, la réforme du système d'évaluation des fonctions et de rémunération du personnel de l'Etat de Genève, est en bonne voie. Le gouvernement a mis en consultation l'avant-projet de loi ad hoc. Objectif: une entrée en vigueur en 2028.
Ce nouveau système se veut plus transparent. Il garantit l'égalité salariale entre femmes et hommes, tout en valorisant certaines compétences essentielles, notamment psychosociales, qui ont été jusqu'ici mal prises en compte dans certaines fonctions dans les domaines de la santé et du social, a indiqué mercredi devant les médias Anne Hiltpold, présidente du Conseil d'Etat.
G'Evolue doit remplacer dès 2028 le système qui date de 1974 et dont les critères ne reflètent plus l'évolution des métiers. Deux ans après le retrait du projet Score en 2020, le Conseil d'Etat avait signé un protocole d'accord avec les associations représentatives du personnel pour lancer le projet G'Evolue, qui fait partie de ses objectifs de législature. Les travaux ont été menés par une commission paritaire.
Métiers du "care" revalorisés
Alors que le système actuel valorise particulièrement la formation initiale, G'Evolue repose sur neuf critères mesurables et de poids équivalent, qui prennent en compte les compétences psychosociales, intellectuelles et d'expertise, ainsi que les responsabilités d'encadrement et de gestion. Les fonctions, dont le nombre passe de 1800 à 600, sont définies indépendamment des postes et de leurs titulaires.
Conséquences: les métiers du social, dans les domaines de la justice, de la police et de la sécurité ou encore des soins et thérapies sont revalorisés en raison des compétences relationnelles qui sont requises ou encore des conditions de travail. A contrario, la valorisation des enseignants est plus limitée.
"G'Evolue n'est pas d'une revalorisation globale", a souligné Mme Hiltpold. Pour sa collègue Carole-Anne Kast, en charge du Département des institutions et du numérique, la réforme touche particulièrement les métiers dits féminins, du "care", et le critère de pénibilité n'est plus que physique.
Coût pour l'Etat
La grille salariale prévoit 27 classes, contre 30 dans le système actuel, et leur écart passe de 4,5% à 5,10%. Les 22 annuités progresseront de manière linéaire, avec une hausse de 1,6%. "Le nouveau système n'entraînera aucune baisse de traitement au moment de son entrée en vigueur", a assuré la conseillère d'Etat en charge des Finances, Nathalie Fontanet. Sur les plus de 5000 employés concernés, 83,2% bénéficieront d'une revalorisation.
"Le changement de système ne sera pas neutre financièrement", a poursuivi la magistrate. G'Evolue coûtera à l'Etat au maximum entre 118 et 132 millions de francs la troisième année, soit environ 2% de la masse salariale, puis le surcoût par rapport au système actuel baissera dès la quatrième. La réforme profitera surtout aux établissements publics autonomes, qui regroupent plus de 70% des fonctions.
"Rester attractif"
Tout en admettant que le contexte financier n'est pas bon, la grande argentière estime que "la fonction publique doit demeurer attractive." "Un nouvel échec serait dramatique pour les collaborateurs dont les métiers ont tellement changé et qui attendent depuis des années cette réévaluation", a-t-elle insisté.
La consultation des départements de l'administration cantonale, des partis politiques, des organisations représentatives du personnel et des entités et institutions touchées par la loi est ouverte jusqu'au 11 décembre. Le calendrier du Conseil d'Etat prévoit le dépôt du projet de loi au Grand Conseil en début d'année prochaine et son adoption avant la fin de la législature.